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Disparition de Domenico Losurdo, grand philosophe marxiste

Le philosophe marxiste italien, professeur de l’université d’Urbino, spécialiste de Hegel, est décédé brutalement à l’âge de 77 ans le 28 juin dernier.Le directeur de l’Institut de sciences philosophiques et pédagogiques de l’université d’Urbino (Italie), né en 1941 à Sannicandro di Bari, laisse une œuvre philosophique critique importante. Spécialiste de Hegel et de Nietzsche, l’auteur du Péché originel du XXe siècle (Aden, 2007), de la Contre-histoire du libéralisme (La Découverte, 2013) ou encore de la Lutte des classes (Delga, 2016) avait acquis une grande autorité dans les cercles intellectuels de la pensée critique, mais aussi parmi les communistes, dans les milieux marxistes et bien plus largement auprès des militants anticapitalistes…

Domenico Losurdo a développé le concept de « l’autophobie communiste » : l’autophobie se manifeste dans les rangs de ceux qui, tout en continuant à se déclarer communistes, s’approprient le point de vue de leurs adversaires, cela correspond à l’autoflagellation des vaincus : « C’est une fuite lâche devant cette histoire et devant la réalité de la lutte idéologique et culturelle toujours brûlante. Si l’autocritique est le présupposé de la reconstruction de l’identité communiste, l’autophobie est synonyme de capitulation et de renonciation à l’identité autonome. » (Fuir l’Histoire, D. Losurdo, 2007, éd. Delga).

Domenico Losurdo, maître de la riposte au libéralisme, Pierre Chaillan, l’Humanité, 29 juin 2018.

Pour en savoir plus, sa biographie, sa pensée et ses ouvrages : Domenico Losurdo Wikipedia

Décès d’Henri Alleg le mercredi 17 juillet 2013

L’ALF exprime sa tristesse devant la disparition d’Henri Alleg, un grand homme, un héros des temps modernes, un homme simple.
Henri Alleg fut un homme courageux, « la petite voix qui dit non aux parachutistes », qui a survécu aux tortionnaires colonialistes. Il dénonça les horreurs du colonialisme commises au nom de la France qui ainsi se déshonora en Algérie. Comme l’a dit son ami Léo Figuères, il a combattu « le système de domination le plus abject et le plus totalitaire qui soit, car il enlevait à des peuples jusqu’à leur nom et leur imposait un régime fondé sur la domination raciste des colonisateurs ». Henri Alleg a été un des combattants qui ont permis l’effondrement de ces empires coloniaux responsables de millions de morts et au sein de l’ACCA il a participé jusqu’au bout aux luttes anticoloniales et dénoncé les falsifications de l’histoire du colonialisme.
Henri Alleg fut jusqu’au bout un communiste conséquent, luttant contre le capitalisme destructeur, fidèle aux idéaux révolutionnaires, sans faire de concession aux idées dominantes qui prônent à la fois la renonciation au changement de société et le rejet de toutes les expériences passées de transformation sociale. Au contraire Henri Alleg, loin de céder à une autophobie qui stérilise l’action des communistes, a condamné la contre révolution et « le grand bond en arrière » des pays de l’Est européen, comme l’ex URSS, avec son cortège de désastres sociaux. Henri Alleg s’est toujours prononcé avec conviction pour un  projet de socialisme en France comme véritable alternative au capitalisme.
Henri Alleg est un exemple pour nous tous, puissions nous avoir son courage pour continuer son combat.
Nous le saluons avec respect et admiration. Nos pensées vont à ses fils et à sa famille.